Ça devait bien arriver un jour. Après avoir réédité ses cinq premiers albums, Metallica annonce la sortie d’une réédition en coffret Deluxe de « Load » (le 13 juin 2025) . Mais est-ce bien raisonnable ?
RAPPEL
« Load » est un peu l’album cheveux courts (idées courtes) et eyeliner de Metallica sorti en juin 1996, cinq ans après le succès planétaire du fameux « Black Album » qui faisait déjà débat parmi les plus vieux fans du groupe de Thrash californien. Mais il s’en est passé des choses au début des années 90 avec l’explosion de la planète Metal, du grunge au du néo-metal. On écoute Soundgarden, Rage Against The Machine, Sepultura, Pantera, Tool, Machine Head… Bref, on attendait beaucoup, trop peut-être, du retour de Metallica trois après son concert parisien à l’hippodrome de Longchamp avec Alice In Chains, Suicidal Tendencies et The Cult en première partie. « Load » est le seul album de Metallica que je n’ai pas dans ma collection (j’ai même acheté le vinyle de « Re-Load » en solde des années après). Je n’ai même pas pris la peine (c’est le mot) d’en faire un copie cassette. Je ne l’avais pas écouté depuis sa sortie il y a 29 ans. Et si j’étais passé à côté du truc à l’époque ? Et si avec l’âge (c’est quoi la maturité?) j’étais enfin prêt? Allez, donne lui une seconde chance.
14 TITRES
Alors, « Load » est-il toujours aussi « mauvais » ? Sur 14 titres, on va bien en trouver quelques uns à sauver, non ? Sur « Load », Metallica s’éloigne clairement du heavy au profit d’un son rock plus mainstream, dans le chant comme dans les guitares sur les singles Hero Of The Day et Until It Sleeps. D’ailleurs, le titre de la version démo (actuellement en écoute) de ce morceau est F.O.B.D. en référence à Fell On Black Days, la ballade de Soundgarden qui annonçait un virage plus mainstream du groupe grunge. Il y a même un petit côté Alice in Chains pas déplaisant sur The House Jack Built avec l’usage de la talkbox.

On a aussi parlé d’un côté blues-rock sur Poor Twisted Me et Ronnie notamment. Musicalement, ça tourne bien, on sent que Kirk Hammett s’éclate à la guitare, mais le chant de cowboy de James Hetfield est particulièrement lassant. Puisqu’on parle de cowboy, il y a aussi Mama Said, l’indispensable ballade qui cette fois dégouline dans un registre country… Évidemment, Metallica s’en sort bien sur les titres les plus costauds comme Ain’t My Bitch et King Nothing qui n’est pas sans rappeler Enter Sandman. C’est d’ailleurs l’une des rares chansons de « Load » qu’ils jouent encore aujourd’hui. Et puis, il y a le final de 10 minutes The Outlaw Torn dont on devrait découvrir une version encore plus longue prochainement: elle avait été amputée faute de place sur le CD. En même temps, ils n’avaient qu’à pas mettre autant de titres ! Certains (comme Cult) sont vraiment dispensables…
301 TITRES
J’ai redonné une chance à « Load » et je reste sur ma faim, même si je suis moins radical qu’à l’époque. C’est simple, vous prenez le meilleur de « Load » et de « Re-Load » (oui parce que Metallica a remis ça l’année suivante) et vous obtenez un album qui tient la route, mais sans plus. Tremblez ! La réédition de « Re-Load » ne devrait pas tarder non plus ! Et je ne vous parle pas de « St Anger » (2003) et encore moins de « Lulu » (2011), vous vous rappelez, le disque épouvantable avec Lou Reed ? Pour les fans ultra et les courageuux, l’album multi-platine « Load » ressort donc en version remasterisée dans un coffret Deluxe (à 230 euros environ) contenant 301 morceaux (dont 245 inédits), live, rough mixes et autres remixes très à la mode dans les années 90 pour remplir les faces-B… 15 CD, 4 DVD, 6 vinyles, un livre, des médiators et autres goodies. « Load » sera également disponible en digipack 3 CD, en streaming bien sûr et même en cassette, dont c’est le retour en grâce.

