27 May 2026
Home » AT THE DRIVE-IN – révolution rock
at the drive-in 2000
0 0

C’est le groupe de rock que l’on attendait depuis des années. Ne vous fiez pas à leur look 70’s ni à leur attitude punk: At The Drive-in a réussi mieux que quiconque à combiner ses multiples influences pop, rock, post-hardcore et metal. La fougue des Who, l’énergie des Stooges et la tension de Fugazi en plus, « Relationship Of Command » est l’album de la révélation. De la consécration? (article publié en septembre 2000)

CLIFF ‘EM ALL

Amsterdam, Melkweg, 2 septembre 2000. Venus d’El Paso, petite ville paumée à la frontière mexicaine où ils ont fait leurs débuts en 1994, les cinq Texans d’AT THE DRIVE-IN entrent en scène et nous balancent une heure durant, une décharge d’adrénaline et d’électricité. La prestation est à l’image de leur nouvel album « Relationship of Command » (sorti le 12 septembre 2000) : énergique et “nerveuse” comme il disent. Au petit jeu des influences, Cedric Bixler-Zavala, le chanteur du groupe, cite volontiers Joy Division, Kraftwerk, Minutemen et… Billy Joel ! « Il y a une certaine sensibilité pop dans l’album. Parfois elle est cachée par un son un peu noisy. Notre batteur Tony (Hajjar) et notre bassiste Paul Hinojos, écoutent aussi beaucoup de métal, mais attention, nous ne sommes pas un groupe de metal ». Celui qui fait l’unanimité dans le groupe, c’est Cliff Burton, le bassiste de Metallica (sur les trois premiers albums. Il est décédé lors d’un accident de tourbus en Suède en 1986) : « c’était quelqu’un de crossover, il a marqué un tournant dans le metal avec son look de hippie et son côté punk. C’est quelque chose que l’on retrouve dans notre musique »

ARCARSENAL

Mais ce n’est pas là qu’il faut chercher une explication quant au choix de Ross Robinson (Sepultura, Slipknot, Kom) à la production et d’Andy Wallace (Faith No More, Nirvana, Rage Against The Machine) au mixage, les deux hommes étant plus connus pour leur travail avec des groupes de metal: « Nos fans avaient peur que l’on sonne un jour comme Korn ou un truc du genre. Ce qui nous intéresse, c’est de casser les règles. C’est un peu ce que l’on fait en travaillant avec Ross. Fuck the rules ! C’est ennuyeux de penser que l’on doive toujours jouer le jeu des autres ». Sorti sur Grand Royal (Jimmy Eat World, Atari Teenage Riot, techno Animal), le label des Beastie Boys, « Relationship of Command » sera sans doute pour ATDI l’album de la consécration avec ses 12 petites bombes chargés de breaks et de mélodies, dont Catacombs parue sur un split single partagé avec Burning Airlines, le groupe du légendaire Jay Robbins (Government Issue, Jawbox). « Le titre de l’album vient du chapitre d’un livre de Mao Tse Tung, le leader de la Chine-Communiste, raconte Cedric. On peut faire le parallèle avec le groupe: Relationship Of Command c’est l’histoire de cinq personnes qui sont liées les unes aux autres, même dans les périodes difficiles… Il y a différentes histoires, un peu comme dans un roman ». Des histoires qui font souvent froid dans le dos comme celle qui nous est contée sur le titre d’ouverture Arcarsenal: « C’est une histoire qui s’est passée à Seattle. Jeffrey D. retenait dans sa maison un petit garçon qui s’est enfui. Quand les flics, l’ont retrouvé, ils ont cru à une fugue et l’ont ramené chez Jeffrey. Plus tard, ils l’ont retrouvé mort, au milieu d’autres corps ».

 

THE KIDS…

La scène reste le terrain de jeu préféré d’ATDI. L’an dernier, ils ont assuré la première partie de Rage Against The Machine sur la tournée américaine. « A la fin du concert de Long Island, les kids sont venus nous voir et nous ont dit: “ je ne savais pas que des trucs underground de ce genre existaient”. Ils étaient surpris de nous voir nous balader, parler à tout le monde. Ils n’ont pas l’habitude, parce qu’en général ils voient les groupes à la télé. On leur propose une alternative ». ATDI surprend là où on ne l’attendait pas, et bouscule les habitudes. « Certains kids ont besoin d’être un peu secoués, qu’on leur dise d’éteindre la télé. C’est une des raisons pour lesquelles Rage Against The Machine nous a choisi avec The Jesus Lizard, Anti-Flag…Tous ces groupes auxquels les kids ne sont pas habitués ». 

 

…ARE ALRIGHT

Leurs concerts sont une sorte de joyeux bordel organisé, avec un chanteur qui ne tient pas en place et des micros qui ne résistent pas bien longtemps aux chocs. « Lorsqu’on danse, il arrive que les choses tombent par terre, il n’y a rien de chorégraphié, ça arrive, c’est-tout ». At The Drive-in devrait repasser chez nous en décembre (notamment aux Transmusicales de Rennes). Et si un jour vous rencontrez De Facto à l’affiche, sachez que c’est le projet parallèle dub de Cedric Bixler-Zavala et d’Omar Rogriguez-Lopez (guitare), dont le premier album est paru sur Restart Records, le label de Jim Ward (guitare). Restart publiera prochainement un album de drum’n’bass de Tony (batterie). Une histoire de famille dont on risque d’entendre encore parler longtemps. 

 

Benoît Fillette

(article publié dans Citymag n°1, septembre 2000)

 

Discographie:

Relationship Of Command (Grand Royal/ Source/ Virgin, 2000)

Vaya (Fearless, 1999)

In/Casino/Out (Fearless,1998)

Update

Au début de l’été 2000, je reçois le CD promo du nouvel album d’At The Drive-in. J’étais complètement passé à côté de ce groupe qui avait déjà donné quelques concerts en France l’année précédente. Quand j’ai mis « Relationship of Command » dans le lecteur, il ne m’a pas fallu 2 minutes avant que je décroche mon téléphone pour appeler l’attachée de presse de Source : « je veux faire l’interview. Ils viennent quand? ». Le 2 septembre, on a donc pris la route direction Amsterdam pour réaliser cette première interview, avec les photos live de Marion Ruszniewski. Le concert du Melkweg était complètement fou. ATDI a volé la vedette. Quatre groupes étaient programmés dans les deux salles de l’ancienne laiterie qui se font face:  3 Doors Down, Corrosion of Conformity, At The Drive-in et les Foo Fighters qui ont annulé leur venue la veille du concert. Le lendemain, dimanche 3 septembre, ATDI remettait ça à la Lintfabriek de Kontich, en Belgique, avec les Américains de Grade. Notre périple s’est terminé à Paris, la Boule Noire le lundi 4. Mais là, catastrophe. Le son horrible, les plombs qui sautent à plusieurs reprises avec un break de 20 minutes. La sessio n de rattrapage aurait dû avoir lieu aux Transmusicales de Rennes, trois mois plus tard. Le Liberté est gonflé à bloc quand les enfants du MC5 montent sur scène. Tout le monde les attend. Au début, on a bien l’image, mais pas le son du micro chant. ATDI fait quand même son effet avant un ultime passage au Trabendo avec The International Noise Conspiracy (4 février 2001) et le DJ set de Mike D. des Beastie Boys. Ultime, car quelques semaines après, le groupe annonçait sa séparation. Bien sûr, après les nouveaux projets The Mars Volta et Sparta, il y a eu la reformation de 2011 et la tournée de 2016 sans Jim Ward, dont un passage épouvantable à l’Olympia. ATDI a bien sorti un nouvel album « In-ter a-li-a » (2017), mais depuis 25 ans, il n’y a que « Relationship of Command » qui compte.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *