Un magnéto 4-pistes, quelques accords qui frisent, la voix fatiguée puis saturée de Dave Sardy : Visible Cow démarre comme un blues innocent avant de glisser vers un rock fiévreux, noisy et post-hardcore aussi. L’entrée en matière de « L.Ron », le cinquième et dernier album de Barkmarket paru en 1996, a marqué plus d’un fan d’Helmet, de Nine Inch Nails, de Quicksand ou de Jesus Lizard. Deux disques confidentiels sont déjà sortis à la fin des 80s, quand le trio new-yorkais est repéré avec « Vegas Throat » (1991) par le producteur Rick Rubin qui le réédite sur son jeune label American Recordings (il contient notamment une reprise méconnaissable d’Hendrix, I Don’t Live Today). Dave Sardy développe alors sa science du son qu’il mettra bientôt au service de Slayer sur l’album punk « Undisputed Attitude » (1996), Helmet sur l’album de la rupture « Aftertaste » (1997) ou encore les deux derniers Oasis… Après « Gimmick » (1993) et le EP « Peacekeeper » sorti lui sur le label stoner Man’s Ruin (1995), Rock Savage (batterie), John Nowlin (basse) et le guitariste-producteur publient donc « L.Ron », un album qui tranche tant par le son brut (on entend le buzz des amplis) que par ses chansons guidées par des mélodies. Sardy éructe Feed Me, hurle I Don’t Like You, se lamente sur Undone, et donne de sérieux coups de butoir sur Shiner. Ces 14 titres sont les derniers, Sardy se tournant désormais vers la production et le mixage (Red Hot Chili Peppers, System Of A Down…) après avoir tout appris avec Barkmarket qui se sépare en 1997. Mais la quintessence du son Sardy est là.
Benoît Fillette


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