27 May 2026
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Mick Fleetwood & Friends Celebrate Peter Green - London Palladium - Tuesday 25th February 2020

Bill Wyman invité de Mick Fleetwood & Friends lors du concert hommage à Peter Green - London Palladium 25 février 2020 (photo CC Raph_PH)

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Discrètement, l’ex-bassiste des Rolling Stones Bill Wyman revient en musique avec « Drive My Car », un album au groove irrésistible sur lequel plane l’ombre de J.J.Cale.

 

J.J. Cale

« Bob Geldof dit que Drive My Car est l’album parfait pour tailler la route », s’amuse Bill Wyman qui passe d’un projet à l’autre. Dernier en date, Billy In The Wars, un livre illustré qui revient sur son enfance à Londres sous les bombes. « La musique reste mon activité préférée », clame le bassiste de 87 ans qui n’avait rien sorti depuis « Back to Basics » (2015). « J’ai décidé d’enregistrer en trio des reprises de gens que j’aime comme Taj Mahal, John  Prine, Bob Dylan… ». Ainsi « Light Rain », « Ain’t Hurtin’ Nobody » ou « Thunder on the Mountain », les morceaux réarrangés de ses vieux amis, se confondent avec ses compositions qui évoquent le suffle de J.J.Cale. « Vu mon âge avancé, ma voix a changé, elle est beaucoup plus grave. Alors j’ai essayé de chanter comme J.J. Cale. C’est d’ailleurs ce qui ressortait lorsque je faisais écouter les premières chansons à mes amis musiciens. Ils m’appelaient J.J. Wyman (rires) ».

Bill Wyman Drive My Car

Shuffle

L’influence de J.J. Cale ne date pas d’hier. On l’entend déjà sur « White Lightning », une  « chanson classée n°2 en Australie », précise fièrement le premier membre des Stones à avoir publié un album solo. En 1974, lors de la sortie de « Monkey Grip », le NME se demandait pourquoi ses talents d’écriture n’avaient pas été exploités plus tôt… « Parce que je ne pouvais pas écrire pour les Stones », justifie Bill qui n’est crédité que sur une seule chanson In Another Land, le premier single de l’album psyché « Their Satanic Majesties Request » (1967). « Les deux autres (Mick Jagger et Keith Richards, ndlr) ne laissaient personne écrire. C’est ce qui m’a permis de sortir des albums solos et de produire d’autres artistes. C’était mon échappatoire. Les Beatles ont laissé George Harrison écrire quelques chansons, pareil pour John Enwistle et Keith Moon dans The Who. Mais cela n’a jamais été à l’ordre du jour dans les Stones (rires) ». En 1993, après 30 ans de service, Bill Wyman quittait le groupe en toute discrétion pour se consacrer à ses différents projets, dont son restaurant Sticky Fingers, véritable musée et lieu de pèlerinage pour les fans qui venaient y découvrir ses disques d’or et autres instruments que ce collectionneur compulsif et archiviste des Stones a décidé de vendre aux enchères en 2020. « Disons que j’ai vendu 10% de ma collection. Il était temps de transmettre toutes ces choses, d’autant que cela n’intéresse pas trop mes trois filles ». Parmi ces « memorabilias », le mythique ampli Vox AC-30 couleur crème qui lui a permis d’intégrer le groupe, vendu plus de 100000 dollars. « Ils n’avaient que des petits amplis qui crachaient. J’avais aussi un petit Watkins sur lequel Brian Jones pouvait jouer à la manière de Bo Diddley. Je leur ai dit : « vous pouvez avoir les deux » ». Bill jouait alors sur une basse (et un ampli) de sa fabrication, dans la pure tradition des bluesmen. Mais sans le savoir, il avait « inventé la basse fretless cinq ans avant son apparition sur le marché ».

crédit Judy Totton

Charlie

L’an dernier, Bill Wyman était invité par les Stones à compléter la rythmique du regretté Charlie Watts (décédé en 2021) sur Live By The Sword, extrait d’« Hackey Diamonds ». « J’ai lu dans la presse que j’étais allé à Los Angeles pour enregistrer avec eux, ce qui est totalement faux. J’étais en studio à Londres avec leur producteur Andrew Watt (Post Malone, Pearl Jam). Je trouve la chanson trop chargée, il y a beaucoup de guitares et pas assez d’air ». Le bassiste avoue avoir enregistré un second titre « qu’il réservent pour un prochain album ». « C’était amusant, mais ça suffit, d’autant que je ne joue plus comme ça ». Celui que l’on surnomme « The Quiet One » (le calme), titre du documentaire qui lui est consacré (2019), partageait avec Charlie Watts ce sens du groove et de la discrétion. « J’étais comme lui. Quand tu regardes des vidéos des Stones, les autres font le show pendant que Charlie et moi on se marre derrière. C’était mon meilleur ami dans le groupe, j’allais voir ses concerts de jazz à Ronnie Scott’s, il passait prendre le thé, il aimait le cricket comme moi… Il me manque terriblement. A mon âge, je perds pas mal de copains. Moi, je suis toujours là ». S’il s’avoue trop âgé pour tourner, Bill est bel et bien de retour à la basse. Plus motivé que jamais par des chroniques élogieuses, il commence déjà à composer la suite de « Drive My Car ».

Benoît Fillette – interview réalisée en octobre 2024

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