Son deuxième album à peine sorti, « Take Them On, On Your Own », l’équipée sauvage de Black Rebel Motorcycle Club repartait sur les chapeaux de roues en tournée, comme dans la vidéo du single Stop. À la différence près, que Peter, Robert et Nick ne jouent pas un rôle (de cinéma), si ce n’est le leur, avec le naturel qui les caractérise. Nous avons rencontré le trio à Sheffield, en Angleterre, pour en savoir un peu plus sur cette bande de rebelles en marge de la « révolution rock »… (article publié initialement dans X-Rock #3, en décembre 2003).
Sheffield
On nous avait dit Glasgow, on a atterri à Manchester et pris la route pour Sheffield, au nord de L’Angleterre. Mardi 4 novembre 2003, la nouvelle tournée de Black Rebel Motorcycle Club a démarré voilà trois jours et, ce soir, le groupe joue à l’Octagon, une salle polyvalente située en plein milieu du Campus Universitaire de la ville. En fin d’après-midi, nous avions rendez-vous avec les hommes en noir. L’été dernier, nous avions déja rencontré Robert Turner (basse/Chant, Robert Levon Been à l’état civil) à Paris pour la promo de « Take Them On, On Your Own », dont il nous avait livré quelques secrets de fabrication. Après avoir fait la navette entre les États-Unis, l’Europe, le Japon et l’Australie pour promouvoir ce deuxième album sur scène, le trio était donc de retour en Angleterre pour dix dates, la plupart sold-out, avant de sillonner le reste de l’Europe. L’occasion de faire le point avec eux et de discuter de l’avenir…
Promotion
Au sous-sol de l’Octagon, une salle de réunion fait office de loges. Murs de briques, tapis usé autant que les rideaux fleuris so british. Tapis dans l’obscurité, Nick Jago (batterie) relève ses e-mails, à la lumière de son ordinateur portable. Robert (basse) est en vadrouille. Avec sa veste en jean noire et ses cheveux en bataille devant les yeux, c’est Peter Hayes (guitare/chant) qui répondra d’abord à nos questions. Nick remet ça à plus tard, prétextant que c’est mieux de répondre séparément si les avis divergent… La promo, ce n’est vraiment pas leur truc mais ils la font tant bien que mal, parce qu’ils en connaissent les enjeux. Le débit est hésitant, les réponses souvent brèves et un peu vagues. Et face à l’objectif de notre photographe, leur regard est ailleurs, un peu perdu même. Deux ans après le succès commercial (surtout en Angleterre) et critique de son premier album éponyme, Black Rebel Motorcycle Club venait de remettre son titre en jeu avec « Take Them On… ».« Ce disque était plus attendu que le précédent (sorti en 2001). Les gens nous ont découverts sur notre premier album. Là, ils étaient prêts à le juger, bien plus vite encore », se défend Peter qui a tendance à se méfier des journalistes en général, « la presse, c’est la presse ! », avant de reprendre : « J’ai lu les pires chroniques mais aussi des bonnes nous concernant. Il y a du vrai, il y a du faux. Et je vis avec ça. Mais, après tout, c’est juste leur opinion. C’est pour ça qu’on est là, il y a ceux qui aiment, et ceux qui n’aiment pas ». Peter préfère de loin l’autocritique à la critique, dont il ne cerne pas toujours le rôle. « Je trouve ça facile de dire du mal. Moi aussi je dis des conneries sur des groupes mais heureusement, je ne les écris pas dans la presse ! Et puis, on le fait déjà entre nous. L’auto-critique sera toujours plus pertinente que la critique d’un autre ». Contrairement à Peter, Nick, cuir noir et mèche rebelle, avouera plus tard lire la presse et comprendre la position du guitariste. « Souvent Peter prend les choses trop à cœur. Il y a tellement de propos négatifs sur nous. Parfois, ignorer tout ça peut être salvateur. Si tu ne sais rien, au moins tu ne te prends pas la tête ».

London Calling
Pour Black Rebel Motorcycle Club, la promo est donc un mal nécessaire qui a fini par payer si l’on en juge par le volume du dossier de presse et le nombre de couvertures de magazines qui leur est consacré depuis deux ans, N.M.E. en tête. De quoi se faire un nom en Angleterre à l’aube d’une « révolution rock », et faire oublier un peu la référence à Marlon Brando et sa bande de motards de L’équipée Sauvage. Car même si Peter a un peu de mal à l’admettre, c’est à Londres qu’ils obtiennent leurs premiers succès et la reconnaissance, loin des clubs de Los Angeles, où ils vivent, et de San Francisco, d’où ils viennent… « Ça me gêne d’oublier l’Amérique, parce qu’on y a beaucoup joué, et que les fans adorent nos albums. Mais c’est vrai que l’influence de la presse anglaise a été déterminante. Elle nous a fait connaître. Il n’y a pas tant de magazines de musique que ça aux États-Unis ». Nick s’interroge sur la notion même de succès… « Qu’est-ce que le succès ? On continue à jouer avec les groupes avec lesquels on a toujours joué. Jusque-là, le succès ne nous est pas monté à la tête. C’est peut-être ça notre vraie réussite ». II y a deux ans le groupe s’exile à Londres, s’inscrivant un peu malgré lui dans une longue tradition de musiciens venus y chercher ce que l’Amérique tardait à leur offrir. C’est le cas notamment de Jimi Hendrix, l’un de leurs héros. « C’est vrai, mais avant de venir ici, et que le grand public ne le découvre, Hendrix avait déjà été remarqué par Bob Dylan et Eric Clapton aux États-Unis », précise Peter… Il sort alors son Pass All Access au dos duquel sont listées toutes les dates de la tournée européenne : Belgique, Norvège, Suède, Allemagne, France, et les dix dates anglaises. « Parfois, je me dis qu’on joue un peu trop souvent ici ! », dit-il avec ironie. Nick Jago n’a pas la même approche, lui qui a grandi en Angleterre et qui n’est pas peu fier de jouer autant à domicile. « Ça va faire huit ans que je vis aux États-Unis. Je suis parti à la suite d’une dépression nerveuse. J’ai tout quitté, ma mère, l’école, je n’avais plus que la musique dans la vie. Et puis, en 1998, j’ai rencontré deux Américains pour jouer. Heureusement, sinon, je ne sais pas où j’en serais ». Et même si beaucoup le considèrent américain aujourd’hui, Nick reste attaché au Vieux Continent, a priori. « Je me considère avant tout comme anglais et européen. Mais quand les Anglais me tapent sur le système, je suis autre chose. Je ne suis pas né en Angleterre (il est né en Iran en 1976). Ma mère vient du Pérou et elle me parle tout le temps en espagnol. Difficile dans ces conditions de me sentir anglais à 100% ! ». Lors de la première tournée européenne du groupe, Nick se fait remplacer par Peter Salisbury, l’ex-batteur de The Verve, en raison de problèmes de visa. S’il quittait le territoire, il n’était pas sûr de pouvoir y remettre les pieds. Agacés par cette situation, ses deux compagnons décidèrent de tout lâcher à leur tour et de s’installer avec lui à Londres, le temps qu’il obtienne un nouveau titre de séjour. IIs y resteront un an. Une belle leçon d’amitié, même si, par modestie sans doute, Robert nous disait il y a peu que c’était la seule façon de garder leur batteur.
Revolution rock
Dès son premier single punk-rock dans l’âme Whatever Happened To My Rock’n’Roll, Black Rebel Motorcycle Club a rassemblé des fans venus d’univers différents. Un peu comme les Pixies et Nirvana en leur temps. Les amoureux de rock, new wave, psychédélique, garage ou autre allaient forcément s’y retrouver. Et nos hommes en noir allaient porter les couleurs d’une « nouvelle scène rock », bien que leur nom ne soit pas à particule en The et que leur son soit plus proche de celui de Jesus & Mary Chain et de Joy Division que de celui des Stooges et du MC5. « Le plus important, c’est l’esprit des chansons. Peu importe comment on appelle ça, rock garage ou révolution rock. Je pense qu’on est dans le même état d’esprit que les White Stripes ou les Strokes. On est là pour arracher ça des mains du business, et le donner au public », déclare Peter. « Les gens en ont marre qu’on leur explique ce qu’il faut qu’ils écoutent et comment on fabrique des groupes pop ou autre. Il y en a tant d’autres derrière qui essaient de se faire entendre et c’est ce que font tous ces groupes qui est important ». L’authenticité avant tout. Et si d’aventure le premier disque vous avait laissé de marbre, « Take Them On… », bien plus rock et varié que son prédécesseur, a des arguments pour plaire. « On voulait jouer plus vite et faire un album aussi excitant que peut l’être un concert. Le premier album était un peu endormi, le deuxième est plus réveillé, plus rock… », nous dit Nick. « Take Them On, On Your Own » tire son nom d’une chanson parue en face B sur le single Stop, comme un cri de ralliement qui dit : « Prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos actes ». Un message, une manière de vivre qui caractérise bien le groupe.

Suddenly
Ce second album a été enregistré à Londres, en deux temps, à l’époque où le trio séjournaient dans la capitale britannique. Pendant neuf jours, ils jettent d’abord les bases et enregistrent les batteries de quatorze titres au studio Mayfair. Puis, emportant tout leur matériel, ils bougent au studio Fortress, dont les tarifs défient toute concurrence. Là, ils enregistrent tout le reste nuit et jour pendant trois ou quatre semaines. Le mixage lui, se fera à Los Angeles sur trois ou quatre semaines de plus. Parce qu’ils n’avaient que ça en tête, enregistrer un bon album, les gars se mettent la pression et Peter finit par craquer juste avant de s’enfermer dans la Fortress. Un break s’imposa. « J’avais juste besoin de me changer les idées. On venait à peine de rentrer de tournée, et on est allé directement en studio. Rester planté là, après avoir passé plus d’un an et demi sur la route, ça m’a fatigué. Et puis, je me posais plein de questions, je me demandais ce que les gens attendaient de ce deuxième album. J’ai eu besoin de prendre du recul, de faire le ménage dans ma tête. Pendant trois semaines. je n’ai pas touché au disque, ni joué la moindre note. Quand je suis revenu, je n’avais plus qu’à libérer tout ce que j’avais en tête ». Une partie des chansons de « Take Them On… » a été composée sur la route, l’autre partie provient de vieilles démos qui n’avaient pas été retenues pour le premier album, comme Suddenly. « Certaines chansons existent depuis un moment déja. On les a réenregistrées pour ce disque. On voulait que l’auditeur le prenne en pleine face. Plus tu écoutes cet album, plus tu découvres des choses que tu n’avais pas entendues jusque-là ».
Heart and Soul
Enchaînant les tournées et les enregistrements, Peter a bien du mal à savoir s’il préfère le live ou le studio. « Dans notre façon de travailler, on mélange un peu les deux. Tu écris une chanson et tu l’enregistres. Pour ça, tu dois la décomposer en plusieurs parties. Et quand tu retournes sur scène, tu dois apprendre à jouer toutes ces parties, en écoutant ta propre musique. Ça se complète bien. J’aime bien les deux. Mais c’est vrai que de graver ta chanson sur un CD, c’est toujours plus stressant, parce qu’elle va apparaître dans sa version finale et définitive. Et elle va servir de référence quand les gens te diront : voilà comment elle doit sonner ! ». Certaines chansons sont nées en fin de concert, quand les Black Rebel Motorcycle Club se laissent aller et qu’ils partent dans une longue jam. C’est le cas de l’entêtant Heart And Soul qui découle tout droit du final Salvation. Mais en général, le groupe s’efforce de restituer sur scène les chansons telles qu’elles ont été écrites. « Quand on essaie de faire des versions différentes, ça ne marche pas. Beaucoup de groupes font ça, mais ça ne me plaît pas », précise Peter. Cela ne les empêche pas pour autant d’expérimenter et de tester de nouvelles chansons sur scène, ni d’exhumer quelques raretés. « Ce soir, on va jouer une nouvelle chanson, qui est plus une jam. C’est parti d’une impro qu’on avait faite sur scène et qu’une radio avait enregistrée. On a fait une copie CD, on l’a réécouté. Et on trouvait que c’était une bonne base pour une nouvelle chanson. Elle marche bien comme intro de In Like The Rose. Je suis content de l’avoir finalement rajoutée, ça permet de respirer un peu », nous dit Nick. « Finalement », oui, parce que cela n’a pas été si simple, il a fallu batailler ferme pour ajouter ce titre à la set list… Après l’interview, c’est L’heure de la session photo, Peter, Robert et Nick suivent Marco, notre photographe sur les lieux qu’il a repérés. Au détour des couloirs, il y a en a toujours un qui disparaît, aux toilettes ou en cuisine. Si les interviews ne les passionnent pas, les sessions photo sont une véritable corvée. Mais, sous leur air désinvolte, ils font tout de même attention à ce qui se passe autour d’eux et à ce qu’il font, Peter vérifiant que le magnéto tourne bien, ou poussant discrètement la boîte de cookies qui risque d’apparaître sur la photo.
Set List
De retour dans la loge pour une dernière pose, Nick, après avoir une fois de plus consulté son courrier, suggère aux autres de jouer ce soir le nouveau titre en question, ainsi que la face B, Hi-Low à la place de Generation. Tous les trois se lancent alors dans un interminable débat d’idées qui durera plus d’une heure. La guerre est déclarée. Robert se braque, se ferme, se lève, sort du champ et le photographe à toutes les peines du monde à réaliser ses derniers clichés. Quant à l’interview de Nick, elle semble compromise. Tout le monde s’y met, du manager aux amis. La tension est palpable. C’est la guerre froide. Nick répondra finalement à nos questions, à peine un quart d’heure avant de monter sur scène. Il nous donnera quelques explications sur ce qui vient de se passer dans les loges : « On n’était pas d’accord sur la set list. On cherche la set list parfaite ». Difficile de tomber d’accord quand on est trois, qui plus est dotés d’un fort caractère… Mais, cette fois, ils n’en viendront pas aux mains. Perfectionnistes jusqu’au bout des ongles, les Black Rebel Motorcycle Club modifient leur set list presque tous les soirs, et jusqu’à la dernière minute, jouant ainsi avec les nerfs du reste du staff son et lumières. Une set-list qu’ils conçoivent un peu comme le tracklisting d’un album. Et ce n’est pas une mince affaire chez eux, si l’on en juge par les remaniements opérés sur les éditions américaines, anglaises et japonaises de leurs deux albums. Agencer les titres, tout un art…
Un film
Un coup de fil. C’est le patron d’un club qui leur demande de rappliquer. Cheveux au vent, cuir et lunettes noires, Black Rebel Motorcycle Club trace sa route à bord d’une vieille américaine pour aller jouer dans la Grosse Pomme. Voilà pour le décor de la vidéo de Stop, premier extrait de « Take Them On… ». Un petit bout de film qui résume assez bien l’état d’esprit des garçons. De vraies têtes brûlées. Dans le rôle du boss, l’acteur Harry Dean Stanton, vu notamment dans « Paris Texas », « Sailor et Lula », ou « Las Vegas Parano »… Il connaît Robert depuis des années, c’est un ami de son père (Michael Been de The Call). « Charles Mehling, le réalisateur, cherchait justement quelqu’un de sa trempe pour jouer le rôle du patron du club », nous dit Peter. La vidéo, un exercice un peu plus fun que la promo. « C’est sympa de faire quelque chose de différent, dont tu n’as pas l’habitude. La vidéo de Stop ne nous a pris que trois jours, on roulait à toute allure, on s’est bien marrés. En général, on se pose devant la caméra et on joue ». Dernièrement, le groupe a mis en boîte son nouveau clip, We’re All In Love. Mais, là encore, il faut être vigilant et savoir dire Non, par exemple quand des stylistes tentent de relooker nos hommes en noir. « On dit souvent non, sinon ça devient très vite Hollywood. On voit tellement de groupes qui rentrent là-dedans, ils portent de nouvelles chaussures, de nouveaux vêtements, de la tête aux pieds. On a envie de rester à l’écart de tout ça ». Les Black Rebel ont en projet de réaliser un film, à paraître en DVD vraisemblablement l’année prochaine. Mais avant ça, leur maison de disques risque de sortir un DVD bonus avec toutes les vidéos. « On a un peu honte. On n’est pas très à l’aise avec ça. On n’a pas envie de sortir un truc à la va-vite juste pour faire des ventes à Noël. On verra comment ça va se passer. On a plutôt envie de travailler sur quelque chose de plus important que ça, un vrai film. Disons qu’il y a deux choses en cours, et qu’on préfère les distinguer ».
Unplugged
Connaissant leur façon de travailler, on se disait bien que les Black Rebel avaient déjà quelques titres de prêts pour un prochain album. Mais on était loin de se douter qu’ils en avaient autant. « On a déjà écrit un album et demi. J’aimerais commencer à enregistrer le premier à Noël et, pour l’autre, on verra. Ce sont deux albums complètement différents. Celui qui est quasiment prêt est un album acoustique, assez mélancolique (il s’agit de « Howl », qui sortira en 2005). L’autre, qui n’est pas terminé, est un retour à l’électricité ! On verra si la maison de disques nous laisse sortir un album acoustique… ». Une bonne nouvelle pour les fans, mais pour le moment nul ne sait si cela sortira sous la forme d’un double album ou de deux albums distincts, si ça sort un jour, bien sûr. De nouvelles chansons uniquement, même si Peter aimerait bien reprendre Johnny Cash ou Marty Robbins, « pour se marrer » comme il dit. C’est vrai que les Black Rebel ne nous ont pas habitués à jouer les chansons des autres. Ils se sont juste autorisé un petit clin d’œil aux White Stripes l’été dernier sur la grande scène des festivals de Leeds et de Reading, remplaçant au pied levé le duo de Detroit suite à son annulation. « On avait l’impression que les gens n’étaient là que pour eux », nous dit Peter amusé.
Japon
« Take The On… » a déjà emmené BRMC faire le tour du monde. La plupart des groupes le disent, jouer au Japon est une expérience unique. Robert a encore le sourire jusqu’aux oreilles quand il se remémore le concert de Tokyo. Des fans en délire qui applaudissent de manière régulière entre chaque morceau, avant de marquer un long silence en attendant le suivant. Quant à Nick, il met le Japon à la première place de son classement. « La première fois qu’on est allé là-bas, on a joué au festival Fuji Rock, et dans un petit club de Tokyo. Mais cette fois, c’était vraiment différent. On a joué devant 2000 personnes. Il y a comme une tradition là-bas, ils sont très excités avec les personnalités. IIs sont fascinés dès qu’ils voient quelqu’un qu’ils connaissent par les magazines. Ils sont un peu fous, dans le bon sens du terme, parce qu’ils te respectent. C’est mon nouveau pays préfére ! ».Et l’Héxagone dans tout ça ? « Je n’ai pas passé beaucoup de temps en France. Et puis, j’ai grandi dans le sud-ouest de l’Angleterre et on m’a appris à haïr les Français. Mais quand je suis venu à Paris pour la première fois, je suis tombé amoureux de cette ville, de son architecture… C’est très romantique. Ça m’a fait un choc de rentrer en Angleterre, et de revoir tous ces Fish & Chips ! La romance avait disparu ». Pour des raisons liées à sa promo, le groupe ne peut pas faire la tournée européenne qu’il espérait. Les radios américaines les attendent. Mais ils reviendront a priori dès le mois de février 2004 à la rencontre du public français, et pas seulement parisien. « On voudrait jouer un peu plus en France et en Italie, parce qu’on y fait qu’une date à chaque fois. Il n’y a pas que Paris et Milan quand même. J’aimerai bien faire une tournée en France comme celle qu’on fait en ce moment en Angleterre. Ça, ce serait génial », confie Peter.
Authentiques
« Je crois qu’il faut apporter du sens aux chansons, pour que ta musique ait plus de sens aux yeux des gens. On ne fait pas que jouer notre rôle ». Robert, Peter et Nick sont naturels, authentiques. Ils ne cherchent pas à séduire. Et s’ils ne sont pas faciles à suivre, ils sont eux-mêmes et tiennent à le rester, en jonglant comme ils le peuvent avec les contraintes du quotidien. Nick : « Au bout du compte, tout ce que tu veux c’est durer. Et si quelqu’un vient te dire que c’est important de répondre à la presse, alors, il faut le faire ». Mais après, qu’on ne vienne pas leur demander de se travestir ou de sourire s’ils ont envie de porter leur cuir ou de faire la gueule. C’est certainement ça aussi que les Black Rebel Motorcycle Club veulent signifier par « Take Them On, On Your », affrontez-les, tout seul… (Virgin / EMI)

