A première vue, c’est pas très rock tout ça… En ce jour de Saint-Valentin s’ouvre la nouvelle expo musicale de la Philharmonie de Paris: « Disco, I’m coming out » (du 14 février au 17 août).
Une expo dansante et militante
Après le Metal, le Hip Hop ou encore le Reggae, voilà donc un parcours scintillant sur les origines du Disco dans les années 70. De ce courant, on retient surtout la « fièvre du samedi soir », le monde de la nuit avec les boules à facettes, le groove et les tubes de Gloria Gaynor ou Diana Ross… Mais, au-delà de la fête, cette nouvelle expo insiste sur la dimension sociétale, voire politique, qui se joue à l’époque sur la piste de danse, carrefour des luttes des minorités afro-américaines, de la communauté homosexuelle et LGBT+ et des féministes. Et c’est important de le rappeler (comme l’on dit les commissaires d’expo), quand l’Amérique de Trump recycle les Village People.

To Be Alive
On visite cette expo comme on rentre dans une discothèque, avec un excellent mix d’1h30 de classiques réalisé par le DJ Dimitri From Paris, spécialiste du genre, des néons et de surprenantes boules disco un peu partout. Quatre parties composent le parcours, qui reste assez libre: Let’s groove sur le son et les divas du disco, I Am What I Am sur les luttes communautaires née des « émeutes de Stonewall » en 1969, Night Fever sur les discothèques et la « french touch » de l’époque (Born To Be Alive de Patrick Hernandez) et enfin Celebration, quand les artistes pop et rock s’emparent du courant pour être à la mode, de Rod Stewart à Kiss.

Très Chic
Derrière le néon SalSoul Records, on évoque le travail de studio de Chic avec une Fender Stratocaster signée du « hitmaker » Nile Rodgers, une basse Precision, un piano Fender Rhodes Stage 73, un magnéto 16 pistes… Au milieu de la pièce, la combinaison de Sheila sur son tube Spacer en 1979, plus loin le costume pailleté de Patrick Juvet devant un mur de disques d’or. On découvre quelques œuvres de l’incontournable roi de la fête, Andy Warhol, avec des portraits de Grace Jones et Debbie Harry et un collage de photos des habitués du Studio 54: Mick Jagger et sa femme Bianca, Salvador Dali, Truman Capote, Elizabeth Taylor…

Rock The Night
Encore une fois, la Philharmonie arrive à nous surprendre avec une exposition musicale mêlant le fond et la forme, l’art et la collection… Une bonne surprise, surtout quand on met moins d’affect que sur le Metal. Sur le déclin à partir de 1979, avec la « demolition night » organisée dans un stade de baseball à Chicago (un véritable autodafé de disques disco), le disco subsiste et se recycle, comme le reste… Ce n’est pas très rock tout ça, mais ce ne sont que des étiquettes. Kiss et Blondie se sont bien mis au disco. Et j’avoue avoir un faible pour « Emotional Rescue », l’album disco des Rolling Stones sorti en 1980, sans parler de Miss You (1978).
Expo « Disco, I’m coming out »
Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris
du 14 février au 17 août 2025 (fermé le lundi)
tarifs 9 € (-26 ans) / 11 € (26 à 28 ans) / 15 €
gratuit pour les moins de 12 ans

