Kings Of Leon 2004 (crédit Caughey BMG)
Chez Kings Of Leon, on travaille en famille. Et on ressent cette complicité et cette connivence sur leur second LP « Aha Shake Heartbreak ». Rencontre avec les frères Followill, Caleb, Nathan et Jared, avec le cousin Matthew.
W : Quand vous avez enregistré votre premier album « Touth and Young manhood » (2003), vous n’aviez jamais tourné. Depuis sa sortie, vous avez passé 18 mois sur la route. Dans quel état d’esprit avez-vous enregistré « Aha Shake Heartbreak », votre second album ?
Jared Followill : Nous avons été absents de chez nous pendant bien trop longtemps. Quand on est rentré, on n’avait plus rien à faire, il pleuvait, il faisait froid. On n’avait pas trop envie de sortir pour faire la fête, puisque c’est ce qu’on venait de faire pendant dix-huit mois. On était perdu, à la limite de la déprime. On voulait écrire quelque chose là-dessus, sans que cela déteigne sur notre musique, comme les Smiths qui écrivaient des chansons déprimantes sur la déprime… Au contraire, on voulait écrire des chansons d’amour, des chansons joyeuses, même si dans le fond elles sont tristes. Ce sont des chansons thérapeutiques, qui nous permettent d’aller mieux quand on ne sait pas quoi faire de sa vie…
Quelques mots sur le titre de cet album, Aha Shake Heartbreak ?
Nathan Followill : A l’origine, ce devait être le nom d’une chanson de l’album, mais on n’aimait tellement la consonance de ce titre qu’on a changé celui de la chanson pour pouvoir nommer l’album ainsi. On n’avait pas envie de sortir un album qui ait le même titre qu’une chanson. « Youth and Young Manhood » est un titre assez explicite, celui-ci est moins évident. Pour moi, c’est comme avoir le cœur brisé avant d’être assez vieux pour tomber amoureux. Quand tu rencontres ton premier amour à 5 ans, tu aimeras les filles jusqu’à la fin de ta vie. Voilà de quoi il s’agit.
Le fait de travailler en famille dans King Of Leon est-t-il un avantage ?
N. F. : On a confiance les uns dans les autres. On peut se battre, passer l’éponge très vite, et donner un concert dans la soirée. Alors que dans la plupart des groupes, quand il y a une bagarre, ils se séparent ! (rires).
Caleb Followill : On s’aime tous. On est une famille.
N. F. : Il y a une certaine alchimie. Mais il ne faut pas s’arrêter à la famille, il faut nous voir comme un groupe.
C’est vrai que tu as appris à jouer de la basse quand tes frères ont signé le contrat ?
J. F. : Oui, Caleb et Nathan ont signé le contrat. Quand ils sont rentré, on a discuté, et le seul instrument qui était encore libre, c’était la basse. Je me suis acheté une basse mexicaine bon marché, et je me suis enfermé dans le garage pour apprendre à jouer les lignes de basse de tas de groupes de rock d’hier et d’aujourd’hui. Je me disais que j’arriverais à capter quelques trucs que je pourrais utiliser dans nos propres chansons. Un mois plus tard, on enregistrait « Holly Roller Novocaine », notre premier EP ! On a tout vendu, et six mois plus tard, on enregistrait notre premier album.
Est-ce que vous lisez la presse et ce qui se dit sur vous ?
Caleb Followill : Ça nous arrive, quand on met la main dessus, sauf la presse française bien sûr, vu qu’on ne parle pas votre langue. On voit juste nos photos, qui en général sont mauvaises ! (rires). Et quand on commence à lire, on ne va jamais au bout, parce qu’on passe pour des crétins. Quand on va chez nos parents, ils ont accroché au mur tous les articles qu’ils trouvent sur nous. Voilà comment on se tient informé !
Les ventes de votre premier album étaient bien plus importantes en Europe qu’aux Etats-Unis. Avez-vous une explication ?
C. F. : Non. On est toujours assez surpris de rencontrer des fans partout où l’on va. C’est vrai, on aimerait bien qu’il y ait un peu plus de gens qui nous connaissent chez nous. Comme d’habitude, les anglais sont les premiers à se réveiller, et les autres prennent le train en marche…
Benoît Fillette
« Aha Shake Heartbreak » (Jive/BMG)
LES STROKES DU SUD ?
Caleb : « On ne connaissait pas les Strokes quand on a signé notre contrat. Tourner avec eux, c’était génial. Tous les soirs, on pouvait voir un bon groupe jouer et passer de bons moments avec eux. Et puis on a appris des tas de choses à leur contact. Ils ont plus d’expérience, et ils peuvent nous mettre en garde sur certaines choses. La presse nous appelle parfois “Les Strokes du sud”… Ça nous amuse et eux aussi. Heureusement, avec ce nouvel album, les gens nous connaîtront en tant que Kings Of Leon, et c’est ça qui compte. »
UPDATE
Cette interview de Kings Of Leon a été réalisée en 2004, lors de la venue promo du groupe à Paris au General Hotel (10e). Une interview filmée à deux caméras que l’on vous proposera bientôt sur notre chaîne Youtube.
